Le personnel
Les Archives de Shibuya Higashi comptent, outre le directeur, douze membres du personnel. Ils ont la charge de l’inventaire, de la recherche, de la restauration, des expositions, de la communication, du développement, de la diffusion, ainsi que des premières mesures en cas d’événements inexpliqués.
Tous sont taciturnes ; envers les collections, ils sont d’une parfaite probité. Il est confirmé que le personnel des Archives se compose de moulages en plâtre. C’est là un portrait, et c’est aussi une modalité de service.
Si vous les croisez dans nos murs, veuillez les saluer d’une légère inclination, en silence. Même s’ils ne répondent pas, ils sont en service.
Director
Directeur
Directeur des Archives de Shibuya Higashi. Il veille sur l’ensemble, afin que les Archives ne deviennent pas trop faciles à expliquer.
Staff
Une équipe de douze personnes
Veille de façon transversale sur la provenance des collections, la conception des expositions et l’interprétation des œuvres, et règle la manière qu’ont les Archives de conserver et de présenter. Tient pour essentiel non seulement de classer les œuvres, mais aussi de leur préparer un endroit calme où recommencer à parler.
Chargée de l’art occidental, de l’art moderne et des relations avec les institutions étrangères. Par la vérification des sources, la mise en ordre des notices et la supervision des textes destinés à l’extérieur, elle veille à ce que la liberté des Archives s’exerce toujours avec respect. Sur les sources ambiguës, elle se montre un peu stricte.
Supervise les lettres, les hiragana et les onomatopées de l’exposition permanente « Jirinpa ». Considère la lettre non seulement comme un réceptacle de sens, mais comme un être doté de forme, de son, de mouvement et de présence. Observe chaque jour la ronde des quarante-huit hiragana, et les mots qu’ils ramènent avec eux.
Chargé des corrections, de l’agrandissement, du réglage des couleurs et de la préparation des données de conservation. Estime que la restauration ne doit pas embellir l’œuvre à l’excès, mais l’amener à paraître naturelle dans les conditions de contemplation d’aujourd’hui. Distinguer les blessures à garder, les voiles à soigner et les silences auxquels ne pas toucher : c’est le premier pas de la restauration.
S’occupe des informations d’exposition, des communiqués, des réseaux sociaux et des textes d’accueil. Présente les activités des Archives dans une langue claire, mais jamais trop claire. Jour après jour, elle ajuste les mots pour que les entreprises légèrement étranges de la maison parviennent au public le plus naturellement du monde.
Dirige l’ensemble de l’expression des Archives — expositions, site, application, objets diffusés. Conçoit l’apparence et le ton de la maison afin de concilier la dignité d’un musée et la liberté d’une réserve qui n’existe que sur Internet. Tient que ce qu’il faut aux Archives, ce n’est pas une plaisanterie : c’est une anomalie polie.
Chargé des visuels d’exposition, du graphisme et de la composition des écrans. Élabore l’ordre visuel où hiragana, paravents Rinpa, espace noir et onomatopées coexistent sans se gêner. Attentif aux marges, à la hiérarchie, au trajet du regard et à la profondeur du noir, il prépare un environnement où le visiteur s’avance naturellement vers le fond de l’exposition.
Conçoit les détails de l’application, les graphismes d’exposition et les articles de la boutique. Attachée aux petites différences de lettre, de trait, de marge et de matière, elle fait en sorte que l’expérience de l’exposition se prolonge, en silence, au-delà de l’écran. Une designer qui connaît la force de ne pas trop se faire remarquer.
Conçoit la lumière de l’espace d’exposition tridimensionnel. Dans un musée sans salles réelles, la lumière fait partie de l’architecture et règle la distance aux œuvres. Il songe moins à éclairer qu’à chercher comment ménager l’obscurité, et prépare l’air de l’instant qui précède l’apparition de l’œuvre.
Chargé du son de l’exposition permanente « Jirinpa ». Travaille la présence sonore des onomatopées, la résonance des mots et le silence qui flotte dans les salles. Dans cette maison, le choix du moment où l’on ne fait entendre aucun son fait partie de l’exposition au même titre que le son lui-même.
Développe l’application officielle des expositions. L’espace d’un noir profond, le cylindre des paravents Rinpa, les hiragana en contre-rotation, l’approche du caractère choisi, les onomatopées en suspension — il soutient par la technique cette expérience d’exposition, en veillant d’abord à ce que le toucher soit naturel et la visite sans détour.
Conçoit et administre la boutique du musée et ses diffusions. Fait passer l’écho des expositions dans la vie quotidienne — catalogues, affiches, cartes, objets usuels, contenus numériques. Vendre, estime-t-elle, est aussi une petite forme d’exposition, où œuvres et personnes se rencontrent.